Je retranscris ici un commentaire dont je suis particulièrement fier. En le relisant un mois après l’avoir écrit, je crois être parvenu à bien synthétiser le fond de ma pensée sur le sujet de la radicalisation du Moyen-Orient. Ce commentaire a été envoyé originalement en réponse au billet
Causes de la confrontation entre l’Occident et l’Orient sur le blogue de Julie Thériault, billet que je vous invite fortement à lire d’ailleurs.

«Encore une fois, je crois que l’essai “Les identités meurtrières” d’Amin Maalouf permet de bien saisir la nature de cette confrontation, de voir la montée du radicalisme et du fondamentalisme religieux non pas comme l’aboutissement de l’Islam, mais plutôt comme la réaction d’un Moyen-Orient qui se cherche un terrain pour faire entendre sa douleur et revendiquer qu’on lui laisse sa place dans la Civilisation. C’est lorsque que l’on a plus rien à perdre qu’on devient réceptif aux appels des guerriers et des radicaux.

La lutte au terrorisme est un cul-de-sac tout comme la caractérisation du Moyen-Orient comme une culture arriérée. Sa poursuite ne mènera qu’à de plus grandes frustrations et une intensification du radicalisme. »

Posted in monde | No Comments »

Voici un documentaire diffusé à la BBC au mois d’octobre passé mais qui aide vraiment à comprendre l’impact de la crise immobilière américaine. D’une durée de 30 minutes, on y voit une des villes les plus touchées par la crise, Cleveland, où plus de 17 000 maisons ont été saisis pour défaut de paiement. Au États-Unis, c’est près de 2 milions de maisons qui sont touchées.

Le plus ironique dans tout cela, c’est que pendant que l’on brandit le spectre d’une récession mondiale imminente, on jète des milliers de familles à la rue et, comble de l’ironie, plusieurs de ces maisons seront détruites parce qu’on est dans l’incapacité de les revendre. Et pendant ce temps la Réserve Fédérale américaine injecte des millions de dollars dans les coffres des banques pour pallier à leur manque de liquidité. Deux poids deux mesures me dites-vous ?

Documentaire sur le Tibet

April 6th, 2008

Un exilé du Tibet y retourne pendant 3 mois pour comprendre pourquoi les tibétains fuient l’emprise du régime chinois en si grand nombre ( ils sont maintenant plus de 200 000 en exil à ce jour ).

Posted in monde | No Comments »

Depuis la mort de Robert Dziekanski en novembre dernier, la sécurité du taser est remise en question. Dziekanski, immigrant polonais de 40 ans, est décédé après avoir reçu 2 décharges de 50 000 volts.

Taser International défend son produit comme étant une arme non-léthale qui permet de sauver des vies en remplaçant l’utilisation d’une arme à feu. C’est un objectif fort louable, mais le problème se trouve dans la fréquence de l’utilisation du Taser. Dans le cas Dziekanski et de nombreux autres, il aurait été inimaginable qu’un agent utilise son pistolet.

Et il y a de quoi être inquiet. Taser International tente de commercialiser un modèle réduit de son Taser comme arme de défense personnelle, au même titre que les bonbones de poivre de cayenne qui se glissent dans le sac à main ou la poche du manteau. Son public cible : les femmes, désireuses de se sentir plus en sécurité dans un monde rempli de cinglés, prêts à les attaquer sauvagement au détour d’une ruelle mal éclairée.

Comble de l’ironie, elles ne semblent pas réaliser que leur quête acharnée de sécurité contribue à ériger un climat de méfiance et de tension entre les concitoyens et à rendre notre monde encore plus fou…

Première partie :

Deuxième partie :

En vrac : Le podcast et CHOQ.fm

January 30th, 2008

Voici deux articles que j’ai écris pour le journal étudiant DéfiSciences et que je publie ici à la demande généralisée et pour le bénéfice de la communauté planétaire. Bonne lecture !

 

Technologie : Le podcast ou balado-diffusion

 

Il est loin le temps du 33 tours, du walkman cassette ou du disque compact, bienvenue à l’ère du numérique et du lecteur MP3. Dernièrement, on entend de plus en plus parler du podcast, mais de quoi peut-il bien s’agir ?

 

Le terme vient de la fusion de pod, tiré du célèbre lecteur IPod d’Apple et de cast, qui signifie diffuser comme dans le terme anglais « broadcasting ». Pour les amoureux de la langue française, on traduit par balado-diffusion. Le podcast consiste donc à rendre disponible sur Internet l’enregistrement d’une émission sous forme numérique, dans la plupart des cas au format MP3. Il suffit donc de le télécharger pour l’écouter au moment qui nous convient, directement sur son ordinateur, de le graver sur CD ou de le transférer sur son lecteur audio portable.

 

podcast

Exemple de baladodiffusion sur le site de CHOQ.fm

 

Où trouver ces fameux podcasts ? D’abord, plusieurs stations de radio diffusent maintenant leur contenu sous format numérique : Parmis elles mentionnons les radios des campus universitaires ( CHOQ.fm, CISM, CHYZ, CKUT ) mais aussi Radio-Canada pour la Première Chaîne. Sinon, une source importante est le site podcast.net avec une collection de plus de 15 000 podcasts ! On trouve du contenu pour tous les goûts, de tous les styles musicaux mais aussi des émissions d’l'information artistiques, scientifiques, sportives ou sociales. À vous de choisir !

 

CHOQ.fm : une radio-étudiante à l’UQAM

 

Depuis 2001, l’UQAM s’est dotée de sa propre radio universitaire. Dans la tradition des radios de campus du Canada et des États-Unis, CHOQ.fm vise à donner une voix à la communauté universitaire de l’UQAM et à promouvoir la diversité du contenu musical. Si la musique émergente occupe une place importante, la programmation de CHOQ couvre la plupart des genres musicaux : du jazz au métal, de l’électro au folk en passant par le hip-hop et le classique mais aussi des émissions d’information et d’actualité sociale. Que ce soit dans le but d’y faire carrière ou simplement par plaisir, CHOQ offre à ses animateurs bénévoles une occasion privilégiée de vivre le monde de la radio de l’intérieur. Si les défis vous intéressent, sachez qu’il est possible à chaque session de proposer votre propre projet d’émission !

 

CHOQ.fm se distingue toutefois des radios conventionnelles en diffusant exclusivement sur Internet. La station se met aussi au diapason de l’évolution technologique en offrant une plate-forme web dernier cri ainsi que le téléchargement de ses émissions au format MP3. En bref, si vous êtes las de la radio conventionnelle ou désirez découvrir du contenu différent et inovateur, synthonisez dès maintenant CHOQ.fm au www.choq.fm .

 

Le texte suivant est un article publié dans “Défisciences”, le journal étudiant du secteur des sciences de l’UQAM .

 

Jean-Jacques Salomon était de passage dernièrement au Coeur des Sciences pour sa conférence : « L’irresponsabilité sociale des scientifiques : du savoir-progrès au savoir-menace ». Les scientifiques n’assumeraient pas suffisamment les conséquences de leurs travaux en se réfugiant derrière la motivation de repousser les limites de la connaissance humaine. Selon lui, il faut sortir de cette vision irresponsable et inévitablement dangereuse. Salomon expose entre autre le cas de Robert Oppenheimer, brillant physicien américain qui dirigea les travaux du projet Manhattan durant la Seconde Guerre mondiale qui mena à la réalisation de la bombe atomique. Or, la nécessité de cette arme est sévèrement remise en cause par les historiens sachant que le Japon était déjà en processus pour conclure l’armistice, le recours à la bombe émanant plutôt du désir des États-Unis de faire la démonstration de leur supériorité incontestable au plan militaire et technique.

 

Force est de constater que les dérives scientifiques ne sont pas les vestiges d’un passé révolu, notre époque ayant laissé place à des développements forts discutables. Citons seulement le brevetage du vivant et le combat que mène Vandana Shiva contre la biopiraterie, le débat houleux autour des OGM ou encore les projets de militarisation de l’espace. Il faut aussi considérer qu’aujourd’hui la majorité de la recherche scientifique se fait en industrie, une part substantielle au sein du complexe militaro-industriel. Même au niveau des universités, jadis bastion du développement de la connaissance à l’abri des impératifs de l’économie, on assiste à une augmentation du financement privé. Doit-on s’étonner alors que la recherche actuelle aille dans le sens de l’intérêt des grandes corporations plutôt que l’augmentation du bien-être de la société en général ?

 

Mais au delà de ces considérations, la situation que décrit Mr. Salomon est symptomatique d’un changement qui sort du cadre de la science, soit le transfert accru de la responsabilité du producteur vers le consommateur. Il suffit d’examiner l’argumentation de l’industrie du tabac qui se défend de n’offrir qu’un simple service et que le consommateur fait le choix de fumer en connaissance de cause. Même discours du côté des fabricants de voitures, de pesticides, de produits nettoyants, de pilules, de produits naturels ou de boissons énergisantes …

 

Or, ce type d’argumentation repose sur un principe essentiel : un accès parfait à l’information. Clairement, ce n’est pas du tout le cas, le visionnement de 5 minutes de publicités étant largement suffisant pour nous en convaincre : mise en valeur de produits miracles, recours à des trucages pour améliorer l’aspect visuel, martèlement du nom du produit alors que les caractéristiques importantes sont passées sous silence (impact sur l’environnement, toxicité, dépense énergétique, valeur nutritive, etc.). Le problème se pose d’autant plus aujourd’hui avec la complexification des techniques et la rapidité croissante des changements technologiques qui font en sorte que le consommateur moyen croule sous l’information et ne dispose tout simplement pas des moyens nécessaires pour faire un choix éclairé. C’est ici que la responsabilité des scientifiques entre en jeu, l’autorité que leur confère leur expertise exige aussi d’eux la considération éthique des impacts de leurs travaux. Toutefois, tant que nous ne nous serons pas débarrassés socialement de la mentalité actuelle du marchandage de la connaissance, où le scientifique n’offre qu’un service comme les autres, il y a peu d’espoir de voir de réels changements.

Microsoft lance une super offre pour les étudiants : Microsoft Office pour 64$. Difficile à croire ? Pas vraiment, et je vous explique pourquoi.

Microsoft est un monopole. J’espère ne rien vous apprendre ici. Pour cette raison, c’est la suite Microsoft Office qui est utilisée à peu près partout, y compris dans les écoles. Bien sur il ne faut pas négliger l’influence d’un programme comme Campus qui permet aux institutions scolaires d’obtenir les logiciels à prix d’ami. Un peu à la manière du dealer de crack, on fournit l’école gratuitement en sachant bien que les étudiants qui en sortiront accros seront bien forcés de payer plus tard, et c’est à ce moment qu’on leur fera payer le gros prix.

Quel prix me direz-vous ? Tenez-vous bien, la version complète de Microsoft Office 2007 se vend 899$. Du pur vol. En fait, pas étonnant que personne ( a part quelques perdus chez Bureau en Gros ) n’achète le logiciel à ce prix là, on se contente de le télécharger sur Internet ou de se passer la copie entre collègues du bureau, croyant couper l’herbe sous le pied du géant de Redmond. Mais au contraire, cette pratique fait le bonheur de Microsoft car cela perpétue son monopole et fait en sorte que c’est ses logiciels qui seront utilisés en entreprise. Ces dernières, contraintes par des lois beaucoup plus sévères, sont bien obligées de payer sous peine d’amendes très salées. La boucle est bouclée : Microsoft engrange les profits, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes.

Le problème, c’est que depuis quelques années une suite concurrente est offerte gratuitement, je parle ici de OpenOffice . Certains diront qu’elle n’offre pas toutes les fonctions de Microsoft Office et c’est vrai. Mais pour mon père qui utilise le même modèle de lettre depuis dix-ans, pour les jeunes du primaire qui veulent juste mettre leur recherche sur les baleines du St-Laurent au propre parce que leur prof est tanné de se péter les yeux à déchiffrer leur écriture , pour ma tante qui utilise seulement les fonctions gras-italique-souligné-encadré fleuri avec un nounours brun, bref pour la grande majorité d’entre nous qui n’utilisent que 10 à 30% des fonctions offertes par un logiciel de traitement de texte, OpenOffice est amplement suffisant.

OpenOffice

Bref, au lieu de vous laisser leurrer par un pseudo-cadeau, faites vous plaisir ce Noël et offrez-vous OpenOffice.

 

Le délire de Nathalie Elgrably

October 28th, 2007

Dans sa dernière chronique « le délire kafkaïen» publié dans le journal de Montréal, Nathalie Elgrably profite des conclusions de la commission Johnson sur l’effondrement du viaduc de la Concorde pour lancer une nouvelle charge en faveur d’une plus grande privatisation des services d’État. Madame Elgrably pose le problème en ces termes : « pourquoi l’État a-t-il délaissé ses infrastructures pendant 30 ans ? » . Or, les conclusions qu’elle tire du rapport sont les fruits d’un exercice tortueux qui frôle ( et de très près ) la mauvaise foi.

D’abord, madame Elgrably fait porter le blâme sur la culture syndicale qui « l’emporte sur la sécurité du public » pour ce que le rapport décrit comme les lacunes liées à la culture interne du MTQ. Or, ce que le rapport dit, c’est que « la Commission a noté une réticence des professionnels du Ministère à adopter des comportements de travail en groupe hiérarchisé, chaque professionnel étant plus ou moins laissé à lui-même, à la fois libre de ses décisions et isolé dans l’exercice de sa responsabilité » ce qui rend difficile de déterminer qui est imputable. Nul part il n’est fait mention que le syndicat soit à l’origine de ce problème, l’attaque est donc totalement gratuite.

Elgrably poursuit en disant que si les infrastructures sont vieillissantes au Québec et que l’entretien a été négligé, c’est parce que les politiciens préfèrent investir l’argent là où il sera plus “visible” et plus susceptible de favoriser les votes. Le raisonnement est logique et a été mentionné à maintes reprises par le passé. Mais c’est dans la désignation des mauvais investissements que la chroniqueuse dérape totalement : l’équité salariale, la création de garderies à 5$, l’assurance médicaments ou les congés parentaux.

Prétendre que la mise en place de mesure sociale empêche de maintenir nos infrastructures est complètement ridicule. La simple rigueur intellectuelle demande que l’on commence par considérer les dépenses directement reliés au transport. Or, nulle mention de la construction de nouvelles autoroutes un peu partout à grands coups de millions et de promesses électorales au fil des années dans le texte de madame Elgrably. Pourtant, il faudrait commencer par entretenir le réseau que l’on a déjà. Mais il serait étonnant qu’elle se soit opposée à l’allongement de l’autoroute 25, cette dernière étant construite en partenariat avec le privé.

Posted in Québec | 3 Comments »

RSFReporters sans frontières publiaient aujourd’hui leur classement mondial sur la liberté de presse. Le Canada se retrouve au 18e rang, en même position que dans le classement de 2006. Seul pays du G8 avec l’Allemagne (20e rang) et la Grande-Bretagne (24e rang) dans les 25 premiers, le Canada jouirait donc d’une liberté de presse privilégiée.

À la queue, on retrouve entre autre la Corée du Nord, l’Iran, Cuba - mais aussi la Chine, l’Irak et l’Arabie Saoudite.

Les pays au sommet du classement sont l’Islande, la Norvège, l’Estonie, la Slovaquie et la Belgique. Le bon positionnement des pays de l’Europe de l’Est (ex-URSS) par rapport à ceux de l’union Europe porte à réflexion, surtout quand on le compare avec la Russie au 144e rang. Notons que les États-Unis se retrouvent en 48e position, au dernier rang des pays occidentaux, en hausse tout de même par rapport à l’année passée.

Borat

Mince consolation aussi pour Borat, le Kazakhstan se hisse au 125e rang, en hausse de 3 position par rapport à 2006. Les leçons culturelles sur l’Amérique auront vraisemblablement bénéficié à la glorieuse nation du potassium . Bravo !